Tribune: Démocratie – Ce que l’Afrique doit retenir des dernières épreuves de force politique au Sénégal

Par Grazie Merveille Domitien sous la coordination de Ben Wilson NGASSAN

Amélie Pinset, une politologue française disait un jour  » Être démocrate est un état de mouvement qui consiste à s’engager dans un combat permanent pour la liberté réelle de tous, et par-delà pour le progrès de tous.  » Les opinions nationale et internationale suivent depuis quelques temps le développement de l’actualité politique au Sénégal, marquée par la résistance des forces vives Sénégalaises, qui réclament une alternative crédible après la gouvernance Macky Sall. L’objet de cet article est de donner un point de vue, le nôtre, sans complexe aucun, en tant que jeune africain, préoccupé par les questions de démocratie sur le continent. A Dakar, au Sénégal, Grazie Merveille Domitien a recueilli des témoignages et des éléments de compréhension pour nous.

Epreuves de force entre le pouvoir Sénégalais et les forces vives de la Nation

Reconnu pour son caractère démocratique, le Sénégal est une fois de plus reparti avec des épreuves de force entre le pouvoir et le contre-pouvoir (opposition, société civile comprises). La révolte populaire, les répressions, les débats houleux, voilà ce qui fait la force de la démocratie au pays de Senghor. A la clé, les élections législatives et présidentielle en vue. Une bonne partie du Peuple réclame une alternative crédible après Macky Sall, ce que le camp présidentiel ne veut pas entendre, il parait.

Dès lors, le régime en place est accusé de complicité avec l’ex colonisateur, tandis que, Ousmane Sonko, figure de proue de l’opposition, est présenté comme étant l’alternance démocratique qu’il faut pour un « Sénégal libéré du giron occidental, mais surtout épanoui « .

Tout se passe comme-ci le discours « va-t-en-guerre » de Sonko marche bien. Les populations, en particulier, les jeunes, sont prêts à tout pour la cause de l’opposant, au point parfois de sacrifier leurs propres vies.

Si l’opposition démocratique se montre très déterminée comme sous Wade, il n’en demeure pas moins que la marque de fabrique du pouvoir Sall est la répression policière ; ce que les citoyens Sénégalais qualifient de dérive démocratique et d’obstruction au droit à l’expression des populations.

Il y a un malaise politico-démocratique réel…

Les deux camps opposés au Sénégal se montrent presqu’irréconciliables, tant il est vrai que même les verdicts rendus par la Cour suprême sont désormais contestés par l’opposition. Régulièrement, l’indépendance et l’impartialité des juges constitutionnels sont mis en cause.

Même si les manifestations populaires au Sénégal, tirent leur légitimité des lois réglementaires, il n’en demeure pas moins qu’elles laissent bien souvent place au fanatisme politique et à l’extrémisme violent.

Le pouvoir de Macky Sall devra tout faire pour se montrer à la hauteur des enjeux : c’est-à-dire, aller vers l’apaisement en évitant de faire des victimes dans le rang des grévistes.

Pour un pouvoir crédible et porté par les populations, il faut une réelle prise en compte des populations dans la gestion de la chose publique, mais surtout le respect de la séparation des pouvoirs tel qu’enseigné par Montesquieu.

L’épisode Sénégal nous fait bien réfléchir à ces nombreux pouvoirs en Afrique, qui écrasent le Peuple, en marchant sur la démocratie et l’État de droit, ceci en soudoyant les institutions de la République, rempart du Citoyen.

C’est bien ici qu’il faut prendre le contre-pied de l’ex dirigeant Américain, Barack Obama, en affirmant, ceci ici:

L »Afrique a à la fois besoin des Hommes forts et des institutions fortes.

Le Sénégal nous aura donc finalement appris qu’aucun régime aussi tyran ne soit-il ne pourrait résister devant un Peuple instruit, qui connait ses droits et qui sait les revendiquer. La jeunesse Sénégalaise illustrative dans ces épreuves de force nous donne surtout à comprendre que notre continent ne se relèvera que par la rage progressiste de ses rejetons.

Présentation de l’auteure principale

Licenciée en Relations Internationales, Grazie Merveille Domitien poursuit actuellement son cycle Master en Diplomatie et Relations Internationales au Sénégal. Représentante de la Plateforme  » Jeunes Observateurs  » en Afrique de l’Ouest, elle nous livre ici son analyse par rapport aux derniers développements de l’actualité politique au Sénégal. S’appuyant sur les théories politiques de Montesquieu, Thomas Hobbes et John Locke, Grazie estime que seule une société civile forte et crédible pourra mettre un terme à ce retour brusque de l’anarchie sur le continent.